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BACKTOFRANKBLACK: Vous pensez que le retour de Frank Black est une possibilité? Êtes-vous toujours intéressé de jouer le rôle de Frank à nouveau? Vous étiez très optimiste dans les conventions cette année.

LANCE HENRIKSEN: Oui, je sais, j'adorerais absolument de le faire et je crois vraiment que c'est une possibilité, mais ça repose vraiment sur Frank Spotnitz et Chris Carter.
BTFB: Si Frank Black et Millennium revenaient sous une quelconque forme, quelle serait votre préférence pour cette forme, et pourquoi?
LANCE: Un film serait très différent. Avec un film vous avez une fin en vue, vous pouvez y consacrer votre énergie pour cela. Mais quand vous avez une série [de télévision] en continu sur dix mois et demi, il n'y a aucun moyen de vraiment avoir cette "fin en vue" parce que vous savez que vous reviendrez l'an prochain. C'est très fatigant.
BTFB: Donc un film serait idéal?
LANCE: Oui. Idéalement.
BTFB: Millennium mis à part, votre carrière a été très orientée sur le grand écran. Comparativement vous vous êtes pas focalisé sur la télévision.
LANCE: Non, pas très souvent. La raison pour laquelle que j'ai toujours pensé que Millennium devrait être un film pour le grand écran ou une chaîne comme HBO est que vous avez plus de liberté avec le langage et les situations qui peuvent s'y dérouler. Vous avez le droit de parler de plus de choses et ça c'est plus naturel pour moi contrairement à être du genre propre (sanitized). Je suis pas très bon à ça.
BTFB: Oui, on pourrait dire que vos films ne reflètent pas une carrière "toute propre"!
LANCE: (rires) Non je m'y force pas. J'ai essayé tout ce qui peut être essayé dans les films et je me suis amusé, et c'est un magnifique moyen de s'exprimer. Être enfermé dans quelque chose comme la télé est très dur. Je veux pas me plaindre, croyez-moi, j'ai aimé chaque minute de Millennium, mais c'était fatigant...c'êtait comme...desespérant, tellement que c'était fatigant. J'étais tellement fatigué, mais tout le monde dans la télé a vécu ça. Je me sens pas comme un cas spécial sur ce point.
BTFB: À la fois vous et Chris Carter avez parlé très librement de vos soucis sur les changements stylistiques et narratifs dans la saison 2 sur le coffret DVD de Millennium, et l'on peut dire que ces commentaires ont alimenté le débat sur cette deuxième saison parmi les fans. Pourriez-vous parler un peu plus de vos sentiments autour de cette deuxième saison?
LANCE: Eh bien, elle n'était pas haïe! On a senti que la saison 2 était subversive par rapport à la série. La première chose qui s'est passé est que Glen Morgan et James Wong ont distribué un T-shirt disant "98% moins de tueurs en série"! Quoi? Tout le concept de la série était de résoudre des crimes qui étaient quasiment impossibles à résoudre, et on a senti que cette direction était vraiment subversive! Vous savez, je pouvais pas regarder la série pendant qu'on la tournait! Je pouvais pas, j'avais pas le temps. J'ai pas vu les épisodes eux-mêmes avant la sortie des coffrets DVD. Et comme j'avançais dans la saison 2, j'ai senti que les scénaristes s'essayaient à un travail très loin de l'inhabituel, quelques évènements très étranges! J'ai commencé à voir que un ou deux épisodes étaient très créatifs! Ca m'a enlevé un peu de poids par rapport à mes sentiments d'origine.
BTFB: Est-ce qu'on peut parler du Don de Frank? C'est un autre sujet préféré des fans pour débattre! Chris [Carter] a dit dans le DVD qu'à l'origine dans la saison 1 c'était censé être simplement une visualisation de l'intuition de Frank, mais même dans la saison 1 finalement il y a comme une impression qu'il se passe quelque chose de plus mystique. On vous en avait parlé sous cet aspect-là?
LANCE: Alors laissez-moi dire cela: vous savez comment fait un bon joueur d'échecs, n'est-ce pas? Ils étudient, ils étudient, ils étudient, ils connaissent tous les coups des différents maîtres d'échecs. J'ai toujours cru que Frank Black était devenu une personne qui dans sa tête mettait en relation des indices abstraits d'une manière que d'autres ne pouvaient pas. Il pouvait prendre les ficelles d'une idée et soudainement tout lui apparaissait comme une histoire quasiment linéaire. En d'autres mots, quand il entrait dans une pièce il voyait des pièces d'une puzzle comme un grand joueur d'échecs et il reliait tout en un. Et c'est ce que j'ai toujours cru, que le Don était intellect et intuition, pas quelque chose de psychique comme un voyant. Je sais pas comment vous décrireriez un voyant d'ailleurs, je ne pourrais pas le faire, peut-être en tant qu'un don venu de Dieu, comme Moïse, qui lui parle, ou comme un illuminé ou quelque chose du genre. Pour moi, c'était quelque chose de bien plus, quelque chose de pragmatique. J'ai toujours senti que Chris comprenait que je ne voulais pas juger quiconque. Je ne voulais pas que Frank Black soit un juge ou un puritain assis sur la frontière à dire "ça c'est bien, ça c'est mal". Aucun Don ne fonctionnerait dans votre tête si en même temps vous seriez en train de juger. Le Don était seulement découvrir l'intention et la fonction de ce qui se passait.
BTFB: Vous pensez que cet aspect de refus de tout jugement dans sa personnalité a aidé à faire de caractère tellement unique et iconique?
LANCE: Clairement, parce que j'ai lu tous ces livres sur quels sont les différents genres de tueurs en série et les faits marquants dans leur vie, comment ils effacent leurs traces et toutes ces choses là. J'ai toujours pensé que "l'art" qui sortirait de tout ça est dans l'acceptation impartiale. D'une certaine manière c'est comme élever un enfant, vous ne voulez jamais nuire à son estime de soi, vous voulez les nourrir et en prendre soin, n'est-ce pas? Dans un sens, en chassant quelqu'un qui fait des choses horribles, vraiment vous voulez savoir le pourquoi afin d'empêcher ces choses-là d'arriver à nouveau. Parce que ces gens ne vont pas bien, ils ne vont vraiment pas bien.
BTFB: Cela semble être ce qui fait de Frank quelqu'un de tellement intéressant de par le monde, c'est un homme qui ne cherche pas la justice par la vengeance, mais simplement par arrêter des gens de commetre des choses horribles.
LH: Oui, exactement, vous savez qu'ils doivent être enfermés, mais ça c'est le travail de quelqu'un d'autre: c'est pas le travail de Frank, pas sa vie. Il y a une belle phrase, c'est "j'aime pas tellement la religion parce que c'est pour ceux qui ont peur d'aller en enfer, une spiritualité est pour ceux qui y ont déjà été". Et je pense que ça c'est plus sur qui est Frank Black, il y a déjà été. En fait on a basé Millennium sur quelqu'un qui travaillait sur plus de 100 investigations et il a eu une attaque cérébrale et il a failli mourir. Ils l'ont trouvé dans une chambre d'hotel et il était presque mort. Il est revenu à lui, il allaitbien quand ils l'ont relevé, mais une fois que vous vous en approchez autant, ça vous change.
Dans la deuxième partie de cette interview exclusive, Lance parle plus de son rôle en tant que Frank, le rôle de Frank dans la série et plus sur la campagne!
(thanks to Kimon for French translation)


