Tucker Smallwood

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Le nom Tucker Smallwood doit être relativement familier pour plusieurs d’entre vous. En tant qu’acteur, auteur et vocaliste, il a pu prêter ses talents à un bon nombre de films et de franchises télévisées. Les fans de Millennium se souviendront toujours de lui pour sa performance mémorable en tant que l’ange de la mort, Steven Kiley, dans l’épisode « Goodbye Charlie » de la deuxième saison. Toute l’équipe de BackToFrankBlack est très reconnaissante envers Tucker d’avoir accepté de nous accorder un peu de son temps.

BACKTOFRANKBLACK: Merci, Tucker, de prendre le temps de nous parler. Pour commencer, j’aimerais noter que « Goodbye Charlie » traitait principalement du suicide assisté à une époque où le débat concernant le sujet avait à peine débuté. Est-ce que l’équipe de Millennium était au courant que ce genre d’histoire était avant-gardiste pour l’époque?

TUCKER SMALLWOOD : J’ai découvert après la diffusion que les téléspectateurs étaient divisés par rapport à leur position pré-existante concernant le suicide assisté. S’il était en faveur, Kiley était perçu comme un ange; s’il était contre, comme un démon. À l’époque, c’était controversé dans le sens où Glen et Jim écrivent toujours des histoires provocatrices et résonantes.

BTFB : L’idée de l’épisode est de charger les deux protagonistes de la tâche de décider si Kiley est un ange ou un démon et le dénouement est intentionnellement ambigüe à ce sujet, permettant au spectateur de tirer ses propre conclusions. Lors du développement d’un personnage comme Kiley, est-il nécessaire pour l’acteur de se faire un avis concernant les motifs de son personnage pour pouvoir le jouer?

TS : Je crois que c’est évident qu’un acteur doit toujours avoir un point de vue clair à propos de son personnage. Je suis pro-choix en tout aspect et il était très clair pour moi que le travail était un service à l’humanité.

BTFB : C’est une marque de commerce du travail de Glen Morgan et James Wong que de jumeler une scène intense avec un élément dissonant, dans notre cas : le meurtre par karaoké. Est-ce que c’est difficile pour un acteur de transmettre la menace nécessaire à la scène tout en performant un numéro musical?

TS : Vous avez bien résumé leur procédé… et l’humour est un ingrédient complémentaire à la noirceur. Il n’y avait aucune menace; rappelez-vous, Kiley est au service de l’humanité, ces actions sont celles de la miséricordieuse.

BTFB : Une de mes scènes préférées de l’épisode à lieu pendant l’interrogation de Kiley, plus précisément au moment où le personnage de Kristen Cloke implore à Kiley de l’aider à comprendre son propre don. Pensez-vous que c’était un commentaire sur le sujet principal de l’épisode, le suicide assisté, dans le sens où il est plus facile de maintenir un sens de la moralité sociale jusqu’au moment où le sujet en question vous affecte personnellement?

TS : Comme en toute chose, il y a ce qui est théorique/intellectuel et ce qui est pragmatique et présent. Demandez aux habitants d’une zone de guerre comment leur réalité affecte leurs perceptions et leurs valeurs.

BTFB : Une autre scène particulièrement intense présente Kiley manipulant subtilement un autre personnage à considérer le suicide comme une fin à ses tourments. Lorsque vous jouez une scène aussi intense que celle-ci, est-ce que c’est difficile de séparer vos propres sentiments à propos de l’histoire et d’adopter ceux du personnage qui croit nécessairement faire quelque chose de bien?

TS : Plus ou moins. Kiley avait un don et la clarté de quelqu’un assez confortable avec le concept « d’être en vie ». Après avoir fait face, et avoir accepté, ma propre mort au Vietnam, après avoir vu de l’autre côté et avoir comprit que notre vie n’est qu’une phase de l’existence parmi tant d’autres; je n’étais pas en conflit. Ce qui aurait pu être intéressant aurait été d’incarner un personnage dont les choix sont l’antithèse des miens. Mais notre métier nous demande d’être des « machines à justification »; on doit toujours chercher une partie de nous dans chaque personnage que nous créons.

BTFB: «Goodbye Charlie» laisse fortement entrevoir une facette surnaturelle au personnage et je me demandais si on vous a énoncé clairement qu’elle était la vraie nature de Stephen Kiley et quelle était votre opinion à ce sujet?

TS : Le script était le script. Ces choix sont laissés à l’acteur. Et c’est compliqué d’essayer de jouer quelqu’un de surnaturel, autant compliqué que de jouer un roi ou un dieu. Vous faites vos choix et vous misez sur les effets et l'ambigüité pour faire le travail. Au bout du compte, c’est au téléspectateur de faire son propre jugement. Cet épisode a été filmé dans un ancien hôpital psychiatrique et asile criminel de Vancouver. J’avais déjà de l’expérience dans l’idée de remplir l’espace d’une présence anormale. Il y avait définitivement des corridors avec beaucoup d’activité dans cet hôpital. Entre les scènes, j’errait et m’émerveillait des changements soudains de température parfois en entrant dans un passage et décidait rapidement de ne pas aller plus loin… et comment ne pourrait-il pas y avoir une telle énergie considérant l’histoire de ce lieu.

BTFB : Au cours de votre carrière, vous avez eu l’opportunité d’incarner un bon nombre de personnages de science-fiction et je me demandais comment l’expérience de travailler sur Millennium se comparait aux autres franchises et si Millennium était adapté en film, seriez-vous intéressé à y contribuer d’une quelconque façon?

TS : Millennium avait quelque chose en commun avec Space: Above and Beyond, The X-Files et The One = tous étaient écris par Jim Wong et Glen Morgan. Cet aspect commun assurait une expérience créative positive. Je ne peux pas imaginer comment Kiley pourrait être inclut dans un film, mais je sauterais sur une opportunité de retravailler avec Lance et Kristen.

BTFB : À quoi les fans de votre travail devrait-il s’intéresser en ce qui concerne le futur de votre carrière?

TS : BLACK DYNAMITE, une parodie des films de «blaxploitation» débute cette semaine à Sundance (je suis un homme corrompu du congrès – ça sonne familier?). En février ou mars, je me déplacerai vers Fresno State pour un mois dans le but de jouer dans The Piano Lesson et d’enseigne quelques cours.

BTFB : Encore une fois, merci de nous avoir parlé. Nous vous souhaitons bien du succès et du bonheur dans le futur!

(Thanks to Laurent for French translation!)

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